Noël au ZDF : Quand la satire politique wokiste choque l’Allemagne et transforme la Nativité en tribune militante

Il existe des traditions que l’on pensait intouchables, même dans le monde souvent provocateur du cabaret politique. Pourtant, en ce Noël 2025, la chaîne de télévision publique allemande ZDF a franchi une étape qui a laissé une grande partie des téléspectateurs dans un état de stupéfaction, mêlé de colère. Sous couvert de divertissement et de satire, le “ZDF-Kabarett” a proposé un spectacle de Noël transformant la Nativité en une farce idéologique lourdement chargée politiquement. Une émission qui, loin d’unir les citoyens autour des fêtes de fin d’année, a une nouvelle fois illustré la fracture béante entre les médias d’État et une partie croissante de la population.

La crèche détournée : Marie, Joseph et les “forces locales” afghanes

Le point d’orgue de ce spectacle est une parodie de la crèche de Bethléem où les figures sacrées sont remplacées par des archétypes de la crise migratoire actuelle. Marie et Joseph ne sont plus des voyageurs de Galilée, mais des “forces locales” afghanes cherchant refuge en Allemagne. Face à eux, un Friedrich Merz caricaturé joue le rôle de l’hôtelier impitoyable, déclarant froidement : “L’Allemagne n’a plus de place pour les migrants qui veulent immigrer dans nos systèmes sociaux”.

La satire ne s’arrête pas là. Elle tourne en dérision les positions de la CDU sur la migration tout en faisant intervenir une Angela Merkel spectrale qui, d’un ton monocorde, répète son célèbre “Nous y arriverons” (Wir schaffen das). Pour de nombreux critiques, ce détournement de la tradition chrétienne à des fins de propagande politique “woke” est perçu comme une attaque frontale contre l’identité culturelle allemande, le tout financé par la redevance audiovisuelle.

L’hypocrisie des élites et le malaise des téléspectateurs

Le spectacle met également en scène des situations surréalistes, comme le chancelier Merz offrant 2 500 euros aux réfugiés pour qu’ils retournent en Afghanistan, tout en acceptant d’accueillir des diplomates talibans pour faciliter les expulsions. “C’est un bon deal : nous laissons entrer deux diplomates talibans pour pouvoir expulser 81 personnes”, ironise le personnage de Merz.

Cette satire, bien que visant à dénoncer l’incohérence du gouvernement, est critiquée pour son manque total d’empathie et son ton asocial. Tim Kellner, observateur incisif de la vie politique allemande, souligne que cette “mixture toxique d’incompétence et d’arrogance” est devenue la marque de fabrique des médias publics. Il dénonce une “propagande d’État” qui ne recule devant rien, même le jour de Noël, pour diaboliser toute opposition et normaliser des politiques migratoires contestées.

Un paysage médiatique en pleine dérive

Au-delà de l’émission du ZDF, c’est tout l’appareil médiatique allemand qui est sous le feu des critiques. Kellner pointe du doigt des formats comme “Funk”, accusés de produire un humour primitif et empathique. Il cite également le cas de l’organisation HateAid, qualifiée de “Trusted Flagger” (signaleur de confiance) étroitement liée aux partis de gauche, et dont les dirigeants ont récemment été interdits d’entrée aux États-Unis par l’administration Trump.

Le spectacle de Noël du ZDF semble avoir été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour de nombreux Allemands. Entre les discours officiels de Frank-Walter Steinmeier appelant au “courage et à la confiance” et ces parodies grotesques, le décalage avec la réalité — faite de baisse du pouvoir d’achat et d’insécurité croissante — est total. En transformant le “Lumière dans l’obscurité” de Noël en un projecteur braqué sur des obsessions idéologiques, le ZDF n’a réussi qu’à raviver les tensions d’une société déjà à fleur de peau.